• Accueil
  • Interventions de Malka Marcovich
  • Actualité Média
  • Bibliographie
  • Engagements

Malka Marcovich

Enjeux internationaux…Réflexions, analyses, suivi : politique internationale, Organisation des Nations Unies (ONU), droits fontamentaux, féminisme, laïcité …

Flux
Articles
Commentaires
« LA DEMISSION DU CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME DE L’ONU AU KIRGHIZISTAN
Les rumeurs d’une reprise des violences contre les immigrants africains après le Mondial fragilisent le sentiment d’unité du continent autour de l’événement. »

Egypte : Khaled Saïd, martyr et symbole de l’état d’urgence

25/06/2010 par malkam

Par Marion Guénard, Rue  89

Le 6 juin, Khaled Saïd, un jeune homme de 28 ans, est interpellé dans un cybercafé d’Alexandrie par deux policiers en civil. Ils lui demandent ses papiers d’identité. Il résiste. Selon des témoins et l’association Al Nadeem, une organisation égyptienne de défense des droits de l’homme, le jeune homme est alors traîné de force dehors et battu à mort. En représailles de la mise en ligne d’une vidéo accablant la police.

Pour son frère, Ahmed, ces brutalités meurtrières ne sont pas le fruit du hasard. Khaled Saïd n’était pas un opposant au régime, ni un militant des droits de l’homme, mais il venait de poster sur Internet une vidéo implacable. Le document montrait des policiers se partageant argent et drogue, après l’arrestation de dealers.

Selon un avocat du centre Al Nadeem, la famille de Khaled Saïd a été informée de sa mort mais n’a pas été autorisée à voir le corps. Lorsque ses proches portent plainte le lendemain, le 7 juin, ils découvrent qu’un rapport a déjà été rédigé.

Les autorités avancent une autre version de l’histoire. Un communiqué du centre d’information de la sécurité égyptienne (accessible en arabe uniquement) présente le jeune homme comme un délinquant et nie toute responsabilité des policiers dans l’affaire : Khaled Saïd aurait avalé un sachet de drogue. Il serait mort d’étouffement. Par accident.

Selon Muhammad Abdel Aziz, avocat du centre Al Nadeem interrogé par Al-Masry al-Youm, « deux policiers ont demandé de l’argent [à Khaled Saïd], et quand il a répondu qu’il n’en avait pas, ils l’ont battu ».

Mobilisation dans la rue et sur Internet

Depuis, les manifestations se multiplient, à Alexandrie comme au Caire. Elles suivent le scénario classique égyptien : les policiers antiémeute sont bien plus nombreux que les manifestants.

La dernière en date a eu lieu dimanche 19 juin, au centre du Caire. Une centaine de manifestants ont entamé une marche de quelques minutes, avant d’être rapidement dispersés et, pour les moins chanceux, arrêtés. (Voir la vidéo)
Ces Egyptiens demandent que justice soit faite dans l’affaire Khaled Saïd. Et exigent la fin de la torture, la levée de l’état d’urgence, parfois le départ du président Hosni Moubarak.

Au-delà des manifestations, ce sont les journaux indépendants et surtout les internautes activistes qui ont relayé l’affaire, via les blogs et les réseaux sociaux, jusqu’à faire pression sur les autorités.

Des photos choquantes du visage sans vie de Khaled Saïd ont été mises en ligne -on en ignore toutefois leur provenance. La mâchoire décrochée, le crâne enfoncé, les yeux tuméfiés… Sur ces photos, le jeune homme est méconnaissable.

« Sous pression des blogueurs qui ont travaillé pour faire connaître l’affaire, la justice a dû rouvrir le dossier », explique Hafez Abou Saada, directeur de l’Organisation égyptienne pour les droits de l’homme.

« Ce n’est pas la première fois que la torture tue en Egypte »

La semaine dernière, le procureur général a ordonné une seconde autopsie, dont les conclusions ont été rendues publiques ce mercredi. La justice égyptienne n’en démord pas : la mort de Khaled Saïd est bien accidentelle.

Ce jeune homme de 28 ans a bien reçu des coups, mais ils ne sont pas les causes de son décès. Il est bien mort par suffocation.

Lors de son interpellation, il a bien avalé un sachet de marijuana, qui l’a empêché de respirer. Les médecins ont également retrouvé des traces de Tramadol (un analgésique proche de la codéine, prisé des toxicomanes) dans les intestins du défunt.

Ce rapport d’autopsie n’est pas vraiment une surprise pour les membres du centre Al Nadeem, comme le docteur Mostapha Hussein :

« Il n’y a rien de nouveau. Ce n’est pas la première fois que la torture tue en Egypte et ça durera tant que la loi ne changera pas. Nous allons demander un autre rapport, indépendant cette fois. Ce cas mérite un procès juste, loin de l’influence du gouvernement, afin que la vérité puisse être entière. »

Hors d’Egypte, des organisations de défense des droits de l’homme appellent également à une enquête indépendante sur la mort brutale du jeune homme et, comme Amnesty International, demandent la levée de l’état d’urgence.

En vigueur depuis 29 ans, la loi sur l’état d’urgence donne à la police des pouvoirs étendus, comme le placement en détention sans inculpation ou sans jugement de tout individu soupçonné d’atteinte à la « sécurité nationale ». Elle limite également la liberté de se réunir en public. Cette loi a été reconduite en mai pour deux ans.

J'aime

J'aime
 

Publié dans atteintes aux droits humains non prises en compte au CDH | Tagué Démocratie, Egypte, liberté d'expression | Laisser un commentaire

  • Joignez-vous à 89 followers

  • Anciens blogs Malka Marcovich

    • Malka Marcovich analyses avant 24/11/2009
    • Malka Marcovich médias publication avant 19/11/2009
  •  

    juin 2010
    L Ma Me J V S D
    « mai   juil »
     123456
    78910111213
    14151617181920
    21222324252627
    282930  
  • Catégories

  • Tags

    Afghanistan Ahmadites AI Algérie Alliance des civilisations Annie Sugier Arabie Saoudite Bangladesh CDH Charles Malou Chine Claudine Legardinier Cuba diffamation des religions Droits des femmes Démocratie Egypte El Béchir France HRW Impunité Interventions Malka Marcovich Irak Iran Israël Jean-Claude Buhrer Kenya liberté d'expression Libye Malaisie NAM OCI Pakistan Palestine prostitution RDC Russie Soudan sport Syrie Terrorisme UE USA Viet Nam Yemen
  • Articles Récents

    • Il n’y a pas de travail du sexe, nos corps de sont pas à vendre
    • La République Islamique d’Iran représente le Groupe Asie pour l’accès à la Présidence de la Thaïlande au Conseil des droits de l’homme
    • Et si on s’intéressait aux Bleues, celles de 2011 ?
    • Les rumeurs d’une reprise des violences contre les immigrants africains après le Mondial fragilisent le sentiment d’unité du continent autour de l’événement.
    • Egypte : Khaled Saïd, martyr et symbole de l’état d’urgence
  • Pages

    • Interventions de Malka Marcovich
    • Actualité Média
    • Bibliographie
    • Engagements

Un Blog WordPress.com. Fonts on this blog.

Thème : MistyLook par Sadish.


Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 89 followers

Powered by WordPress.com