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Par Emmanuel Lemieux dans l’Annuel des idées

Le supplément littéraire du quotidien luxembourgeois Tageblatt a refusé la critique favorable du livre de Pierre-André Taguieff, La nouvelle Propagande antijuive (PUF), mettant également un terme à une collaboration de 15 ans avec l’auteur de l’article, l’écrivain Robert Redeker menacé de mort par des islamistes.

« J’avais ma page dans le supplément littéraire du Tageblatt depuis 15 ans, je n’ai manqué aucun numéro. C’était l’analyse d’un livre, généralement de philosophie. Pour le numéro de juin, j’avais choisi d’écrire sur le dernier livre de Taguieff. J’ai écrit un texte favorable à ce livre. C’est ce texte qui m’a valu d’être censuré. La directrice de ce supplément m’a écrit : « notre collaboration s’arrête là ». Sec ! Viré ! confie Robert Redeker. D’après la rédaction en chef, les lecteurs ne comprendraient pas qu’on fût favorable à Israël ! « 

Extrait significatif de l’article de 5 000 signes traitant du nouveau livre du philosophe Pierre-André Taguieff, La Nouvelle Propagande antijuive (PUF) : « La diabolisation sans nuances d’Israël est le pain quotidien des médias. Qu’Israël soit le Mal semble aller de soi. Pourtant, ces opinions qui se muent aussi en passions, sont des constructions idéologiques répandues par un habile travail de propagande que Taguieff démonte exhaustivement. Elles recyclent du vieux – les stéréotypes antijuifs traditionnels – dans du neuf. »

Tageblatt suit la doxa journalistique selon P.-A. Taguieff

Contactée par L’Annuel des idées, la responsable du supplément Livres n’a pas, pour l’instant, souhaité répondre à nos questions. C’est en revanche la directrice du Tageblatt qui nous a répondu :« Notre rédaction n’était pas au courant de ce qui semble être « une affaire »chez vous. Vous comprendrez que nous ne souhaitons en rien être pris à partie. Ce d’autant que notre groupe de presse n’a jamais eu, au cours de sa longue histoire, de reproches à se faire. » Le quotidien luxembourgeois, sans confirmer l’information, tient essentiellement à se démarquer des choix éditoriaux de son supplément.

De son côté, Pierre-André Taguieff fulmine : « La mise en accusation quasi-planétaire d’Israël est moins le résultat de la propagande palestino-islamiste qu’un effet du fonctionnement du système médiatique. Les professionnels des médias réagissent dans l’urgence, sans prendre la peine de faire un véritable travail d’investigation, en se contentant de s’inspirer des dépêches d’agence, recopiées sans esprit critique. À cela, il faut ajouter une sélection des informations selon un critère idéologico-politique dominant : les médias choisissent de privilégier les récits allant dans le sens des présupposés de la culture politique de gauche, qui est largement majoritaire dans le monde professionnel des journalistes. Or, l’anti-israélisme et le propalestinisme, depuis les années 1990, se sont inscrits dans la doxa journalistique, reflétant le parti pris « antisioniste » partagé, avec plus ou moins de virulence, par toutes les gauches. »

Toujours sous protection policière

Professeur de philosophie, Robert Redeker, 56 ans, a du cesser d’enseigner après sa tribune intitulée « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ?  » et publiée dans Le Figaro. Le quotidien avait été interdit de vente en Egypte et en Tunisie. Sous la pression, le journal avait présenté ses excuses via la chaîne Al-Jazeera, tandis que l’association Reporters sans frontières soutenait Robert Redeker menacé de mort par des islamistes et placé sous la protection de la gendarmerie.

Depuis 2006, « je vis toujours dans une semi-clandestinité. Je continue d’être sous protection policière. Tous mes déplacements officiels sont encadrés par le SPHP-SPPM. » indique Robert Redeker à L’Annuel des idées. L’article du philosophe sera publié dans le numéro de L’Arche, une revue toute acquise à ses analyses et donc, sans surprise. Le non-débat continue.

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Par Bernard SCHALSCHA Collectif Urgence Darfour

En une spectaculaire volte-face, l’Ouganda, qui venait de faire savoir qu’El-Béchir ne serait pas accepté sur son territoire lors du prochain sommet de l’Union africaine à Kampala, a finalement déclaré que le chef de l’Etat soudanais serait bien son invité lors de cette rencontre. Une fois de plus l’organisation panafricaine,  que certains observateurs considèrent surtout comme un « syndicat d’intimidateurs », a obtenu d’un ses membres qu’il renonce à faire appliquer les décisions de la Cour pénale internationale. Elle préfère jouer la carte de l’impunité au détriment de la justice, prenant partie pour le bourreau et piétinant ainsi les victimes… africaines.

C’était trop beau. Le 4 juin le président ougandais Museveni annonçait qu’El-Béchir ne serait pas invité au XV° sommet de l’Union africaine (UA) qui doit se tenir en juillet à Kampala (Ouganda). Nous nous sommes dit, tout comme la plupart des organisations de défense des droits de l’homme, que c’était là un pas décisif vers la fin de l’impunité en Afrique. Il fallait voir dans cette décision, pensions-nous, une conséquence immédiate du fait que la première conférence de révision de la Cour pénale internationale (CPI), destinée à renforcer et élargir l’action de la justice internationale, se tenait depuis le 31 mai à Kampala justement, et que le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo s’était entretenu avec le président Museveni. En outre, l’Ouganda, en tant que signataire du Statut de Rome qui a fondé la CPI, avait déjà fait savoir par le passé qu’El-Béchir, inculpé par la CPI de crimes de guerre et contre l’humanité commis au Darfour, ne pouvait mettre les pieds sur son territoire sauf pour y être arrêté. Interviewé mardi 8 juin sur France Info, Jacky Mamou, président du Collectif Urgence Darfour, se félicitait donc du choix politique exprimé par le chef de l’Etat ougandais de privilégier la justice incarnée par la CPI plutôt que de céder à l’UA qui se retranche derrière une demande de moratoire afin de ne pas appliquer le mandat d’arrêt international contre le chef des massacreurs au Darfour.

A l’annonce de la déclaration de Museveni, le Soudan avait aussitôt tempêté, exigeant de l’Ouganda qu’il revienne sur sa position et lui présente des excuses publiques. Sans quoi Khartoum exigerait auprès de l’UA que le sommet n’ait pas lieu à Kampala mais dans un autre pays africain, c’est-à-dire dans un pays où El-Béchir serait accueilli sans risque. A peine avions-nous commencé à écrire pour exhorter Kampala à ne pas céder au chantage soudanais qu’un communiqué émanant du ministère des Affaires étrangères ougandais faisait savoir qu’Omar El-Béchir avait très normalement été invité à ce sommet depuis le mois de mars puisque, n’est-ce pas, il y a toute sa place puisque le Soudan fait partie de l’UA. A la trappe la prise de position du président ougandais !

Quelques optimistes invétérés penseront peut-être qu’il s’agit d’une ruse pour faire venir El-Béchir à Kampala et, hop !, l’arrêter dès qu’il sera en territoire ougandais. Détrompons-les : l’homme fort de Khartoum n’est pas du genre à se laisser piéger. Il dispose surtout de puissants moyens de pression et de nombreux alliés, notamment au sein de la Ligue arabe et de l’Organisation de la conférence islamique, l’Ouganda étant membre de cette dernière. Il est peu probable qu’on apprenne précisément comment le régime soudanais a réussi à obtenir le retournement stratégique de son voisin ougandais. Mais, par exemple, il ne faut pas oublier que l’Ouganda est aux prises depuis de longues années avec l’Armée révolutionnaire du seigneur (Lord Revolutionnary Army, LRA). Ce mouvement à l’idéologie délirante et qui a assassiné des dizaines de milliers de civils dans des conditions atroces, possède des bases importantes au nord de la République démocratique du Congo et en République centrafricaine, d’où elle ne se prive pas d’attaquer respectivement le Sud-Soudan et le Darfour. Les bons connaisseurs de la région sont convaincus que le régime soudanais fournit de l’armement aux fous furieux sanguinaires de la LRA et les emploie quand ils peuvent lui être utiles. Il semble même que la LRA concentre désormais une partie de ses troupes au Soudan même, d’où elle lance à l’occasion des offensives en Ouganda. Officiellement, bien sûr, Khartoum combat la LRA… Mais aucun chef d’Etat de la région n’est dupe. Et le président Museveni l’est certainement encore moins.

Reste qu’il n’est pas certain qu’El-Béchir en personne aille représenter le Soudan au prochain sommet de l’UA. Le mandat d’arrêt international contre sa personne l’a rendu extrêmement prudent. Peut-être, à la dernière minute, préférera-t-il se faire représenter en juillet à Kampala par un de ses sbires. Quand bien même l’Ouganda a finalement capitulé, le président soudanais n’ignore pas que son isolement diplomatique va croissant. En témoignent, ces derniers temps, la maigre représentation diplomatique internationale à sa cérémonie d’investiture, ainsi que le refus par la France de sa participation au dernier sommet France-Afrique, laquelle interdiction n’a pas provoqué le moindre désistement par solidarité de la part de ses collègues africains. En dépit du couteau que l’Ouganda a planté dans le dos du procureur de la CPI, le mandat d’arrêt émis par la CPI fait lentement son effet. Bien trop lentement, certes, et c’est pourquoi nous nous devons d’agir pour faire accélérer son application.

Par Jean-Claude Buhrer

En désignant à la vindicte publique ces musulmans pacifiques et modernistes, Islamabad porte sa part de responsabilité dans les récentes attaques sanglantes de deux mosquées à Lahore (100 morts). Le Conseil des droits de l’homme va-t-il enfin se pencher sur les minorités religieuses au Pakistan, cibles principales des violences meurtrières qui ravagent le pays ?

Vendredi 28 mai, une centaine de fidèles étaient tués et plusieurs dizaines d’autres blessés dans l’attaque simultanée par des kamikazes à Lahore de deux mosquées de la communauté ahmadite, une branche pacifique et réformiste de l’islam. Juste après ce massacre s’est ouverte à Genève la session du Conseil des droits de l’homme, le jour même où l’on dénombrait 9 morts lors de l’opération militaire israélienne contre des bateaux d’activistes pro-palestiniens en route vers Gaza.

Alors que le Conseil a pour mission de défendre l’universalité des droits de l’homme, les considérations politiques et d’intérêts ont vite pris le dessus dès lors qu’il s’agit du Proche-Orient. Selon le bon vieux principe « deux poids deux mesures », d’emblée la plupart des intervenants sont montés au créneau pour se focaliser sur l’attaque israélienne, sans le moindre mot pour les victimes ahmadites beaucoup plus nombreuses des attentats de Lahore. A commencer par le représentant du Pakistan, porte-parole attitré de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), trop content de l’aubaine pour ne pas avoir à rendre de comptes sur les responsabilités de son gouvernement dans les tueries de Lahore. C’est encore Islamabad qui a réclamé au nom de l’OCI, avec le Soudan pour la Ligue arabe, la convocation d’une réunion d’urgence et présenté une résolution stigmatisant Israël.

Pendant qu’à Genève le Conseil délibère, au Pakistan les ahmadite pansent leurs plaies. Comme si le dernier carnage ne suffisait pas, des assaillants sont revenus à la charge le 1er juin en attaquant un hôpital où étaient soignés des rescapés des précédents attentats contre les mosquées, tuant douze personnes. Profitant de l’incurie des autorités, des hommes lourdement armés avaient déjà pu pénétrer sans difficulté dans les deux lieux de culte ciblés en pleine prière du vendredi. Equipés de vestes bourrées d’explosifs, les kamikazes ont lancé des grenades et tiré sur la foule à l’arme automatique avant de prendre des centaines de fidèles en otage jusqu’à l’intervention tardive de la police quand certains se sont fait sauter et d’autres se sont enfuis. Adoptant un profil bas, les officiels et même les médias ont choisi de se tenir à l’écart des funérailles des victimes à Rabwa, centre de cette communauté d’une trentaine de millions million d’adeptes dans le monde et de quelques millions au Pakistan où ils étaient nombreux dans l’élite intellectuelle jusqu’à leur diabolisation depuis une quarantaine d’années.

Aujourd’hui, une personnalité ahmadite éminente comme Zafrulla Khan n’aurait aucune chance d’accéder aux plus hautes fonctions. Pourtant, ce musulman fervent, qui ne pourrait plus s’affirmer comme tel, a fait honneur à son pays : premier ministre des affaires étrangères du Pakistan en 1947, puis juge à la Cour internationale de justice de La Haye, il fut appelé en 1962 à présider l’Assemblée générale de l’ONU. Lors de ses obsèques en 1983 à Rabwa, les islamistes provoquèrent de sanglantes émeutes. C’est également à Rabwa que repose le Dr Abdus Sallam, premier musulman honoré en 1979 du Prix Nobel de physique et qui avait dû s’expatrier pour fuir la persécution religieuse. A sa mort en 1996, les oulémas sunnites décrétèrent que personne ne pouvait prier Allah pour ce « mécréant » ni inscrire un verset du Coran sur son tombeau.

Au déferlement de haine entretenu par les fondamentalistes et qui vient d’atteindre son paroxysme contre leur communauté avec la complaisance du gouvernement, les ahmadites répondent : « la haine de nos meurtriers ne l’emportera pas sur notre amour de l’humanité ». En cela le mouvement ahmadite (Ahmadiyya Muslim Jamaat), du nom de son fondateur Mirza Ghulam Ahmad, se veut fidèle à l’enseigement de ce prédicateur musulman, né en 1889 au Punjab, et qui prêcha pour un renouveau de l’islam. Conformément à leur credo, les ahmadites prônent l’ouverture et la bonne entente dans la société, rejetant l’interprétation agressive du djihad et toute forme de terrorisme. Alors qu’ils cohabitaient jusque là avec leurs coreligionnaires, ils ont été mis au ban de la société depuis qu’en 1973 l’OCI les a déclarés « non-musulmans », leur interdisant même de faire le pèlerinage de La Mecque.

Au Pakistan, berceau de leur foi, ils sont qualifiés d’hérétiques et de « minorité non-musulmane » en vertu d’un amendement constitutionnel de 1974. Depuis, leurs lieux de culte sont étroitement surveillés, ils n’ont pas le droit de les appeler mosquée, ni même d’inscrire sur les murs des versets du Coran et encore moins de se déclarer musulman ou d’entrer dans une mosquée reconnue. Avec la prohibition en 1984 des « activités anti-islamiques » et une loi prévoyant la peine de mort pour blasphème, leur situation a encore empiré, sans parler de celle des minorités chrétienne et hindouiste, voire chiite.

Avant l’adoption le 2 juin par le Conseil de la résolution préparée par le Pakistan précisément demandant une mission d’enquête internationale, la Haut-Commissaire Navi Pillay avait déclaré : « Quand il y a des morts, il doit y avoir une enquête sérieuse et il faut établir les responsabilités. » Ce qui est vrai pour le Proche-Orient doit l’être aussi pour les victimes de Lahore.

Par Annie Sugier, Présidente de la Ligue du droit international des femmes

Elle donnait pourtant le sentiment d’être fière d’avoir réussi un scoop : interviewer le président Iranien au JT de 20 heures à un moment où l’actualité rebondit sur les morts de la flottille de la paix à Gaza.

TF1 avait dû se dire que cela valait bien quelques sacrifices à commencer par le port d’un foulard par sa présentatrice vedette.

Non, le fait d’avoir choisi un foulard blanc n’y a rien changé. Pas plus que d’avoir laissé entrevoir une mèche des cheveux blonds. C’était encore et toujours un foulard et c’était encore et toujours la loi humiliante des mollahs qui s’imposait. Symboliquement ce soir-là nous avons toutes été voilées contre notre gré, par la volonté dune chaine française, à travers la personne qui nous représentait, face à un homme dont plus personne ne peut ignorer  qu’il se maintient au pouvoir par le mensonge et la violence.

Qui aura été le gagnant de cet épisode lamentable ? A chacune des questions qui étaient censées déranger le président Iranien, qu’il s’agisse de la destruction d’Israël, du  programme nucléaire iranien, des conditions de la libération de Clotilde Reiss, de la répression des manifestations suite aux  élections, il a apporté, sans la moindre gêne,  ses les réponses habituelles. Heureux de pouvoir s’adresser au public français à un moment où la Turquie avait réussi par le coup d’éclat de la flottille  de Gaza à lui voler la vedette sur la scène internationale.

L’image que l’on gardera à l’esprit sera celle d’un président satisfait de trôner sous le drapeau iranien face à la journaliste vedette de TF1, voilée comme une quelconque citoyenne iranienne soumise à la loi des mollahs. La différence c’est que ces citoyennes-là se battent pour remettre en cause ce régime inique.

Par AnnPak, réfugiée iranienne

Le 12 juin dernier, par un vote massif contre le candidat imposé par le Guide Suprême, le peuple iranien opposa sa volonté au « Guide Suprême », c’est-à-dire au représentant de Dieu sur terre.

En effet, deux semaines avant les élections, une pseudo-semi-liberté avait été accordée au peuple. Les femmes et les hommes, les étudiant-es et les enseignant-es … assoiffé-es de liberté, avait occupé cet espace. Le régime avait même ouvert grand les portes pour les journalistes étrangers, surtout occidentaux, afin de montrer que le peuple participait massivement à ces élections.

Le régime a été frappé au cœur de son narcissisme. Car le régime n’avait pas prévu ce rejet massif : il tricha et truqua les résultats. Or le peuple savait qu’il ne voulait plus d’Ahmadi néjad.

Depuis, des protestations massives, grondeuses et pacifistes ont commencé, prenant de plus en plus d’ampleur et avec des slogans et revendications de plus en plus radicaux.

Ainsi, le régime, qui avait joué à l’ouverture, ferma les frontières aux journalistes et une longue lutte du peuple iranien allait commencer pour la liberté et la séparation du politique et du religieux.

Depuis un an, il n’y a pas un jour sans que le régime procède à des arrestations: des manifestant-es, des féministes, des journalistes, femmes et hommes luttant pour les Droits Humains, militants d’ONG, écrivains, étudiant-es, enseignant-es, ouvrièr-es…

Il n’y a pas un jour sans que le régime ne commette des crimes: exécutions, pendaisons après simulacres de jugements, assassinats déguisés, viols collectifs lors des arrestations… qui sont les seules réponses à la soif de liberté et à la lutte d’un peuple emprisonné dans la main de fer d’un régime théocratico-fasciste, et ce depuis plus de 30 ans.

Ainsi, la mort de Néda la jeune femme tuée par bale sous les yeux de millions de personnes, et les dernières pendaisons, dont celle de Shirin, une jeune opposante de 29 ans avec quatre de ses compagnons, n’en sont que les exemples flagrants.

A l’intérieur, malgré sa machine de guerre visant à la répression à la censure du peuple, le régime n’arrive plus à bout des protestations et des contestations, couvant sous les menaces de mort et comme des braises prêtes à repartir à tout moment.

Le régime est enfermé dans une impasse.

Mais un an environ après ces élections, le régime a imposé son point de vue dans le monde à travers différentes instances institutionnelles et étatiques.

A la suite de marchandages et négociations, l’Iran a retiré sa candidature du Conseil des Droits de «l’Homme» auprès de l’ONU pour obtenir un siège à la Commission du Statut des Femmes (CSW).

Il est nécessaire de rappeler que le Conseil des Droits de « l’Homme » est déjà investi et pollué par la présence forte et active de pays niant les Droits de l’Humain, dont ceux de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) (qui contient 57 pays) avec la Libye, l’Arabie Saoudite comme ayant la présidence ou d’autres responsabilités,…

Accorder un siège au régime totalitaire et misogyne de l’Iran à la Commission du Statut des Femmes (CSW) revient à « envoyer le loup dans la bergerie », comme le dit le proverbe.

Ce troc permet au régime théocratique dans la Commission du Statut des Femmes (CSW) une belle place pour mieux attaquer les Droits Humains.

Tant il est vrai que les femmes violentées dans les rues, les femmes prisonnières politiques, torturées et exécutées ne sont pas des hommes.

La deuxième victoire de ce régime théocratique se situe dans le monde du sport :

En avril, des dépêches de presse annonçaient la décision prise par la FIFA : Refuser la participation de l’équipe féminine iranienne de football aux premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) qui auront lieu à Singapour en août 2010.

En effet l’Iran exigeait que les joueuses portent le voile en contradiction avec l’article du règlement général de la FIFA : « L’équipement de base nécessaire ne peut inclure aucun signe équivalent à une affirmation d’ordre politique religieux ou personnel ».

Or, voilà que tout récemment la FIFA fait marche arrière.

Evidemment, Téhéran a claironné triomphalement : « La FIFA a levé l’interdiction pour les joueuses iraniennes de participer aux JOJ » en portant le voile islamique.

Sont survenus ensuite les accords pour l’enrichissement nucléaire entre l’Iran, la Turquie et le Brésil.

Enfin le 18 mai 2010, la France libère Ali Vakili Rad, terroriste et assassin de l’ex-Premier ministre Chapour Bakhtiar. Il avait été condamné à perpétuité mais il rentre triomphalement en Iran.

Un an après la lutte sans relâche du peuple iranien écrasé sous les bottes de l’un des régimes les plus sanglants au monde, les états, les institutions politico-sportives sur le plant international offrent des occasions de triomphe au régime islamique.

Ces politiques ambiguës et néfastes des institutions n’encourageront-t-il pas le régime islamique à continuer, multiplier et amplifier ses actes fascisto-terroristes à l’intérieur et à travers le monde, comme cela a été le cas dans le passé avec d’autres régimes totalitaires comme celui d’Hitler, de Mussolini et …?

D’autres articles d’Ann Pak sur l’Iran sont consultables sur l’ancien blog de Malka Marcovich

Par Bertrand Lebeau, administrateur du Mouvement pour la paix et contre le terrorisme MPCT

Les pays occidentaux ne marchandent pas la libération de leurs nationaux. C’est du moins ce qu’ils affirment lorsqu’ils négocient avec des groupes terroristes ou des Etats voyous. Même si personne n’est dupe, la ligne est constante : il faut sauver les apparences. Et peut-être n’y a-t-il en effet aucune autre voie. Reconnaître que l’on négocie aurait quelque chose de honteux et obligerait à entrer dans toutes sortes de détails embarrassants. Il vaut mieux ne pas ouvrir la boîte de Pandore.

- Dernier exemple en date : les autorités espagnoles nient farouchement avoir payé une rançon pour la libération au Mali le 10 mars dernier d’Alicia Gamez enlevée avec deux collègues d’une association humanitaire en Mauritanie cinq mois auparavant par Al Qaida au Maghreb Islamique. Un responsable gouvernemental a pourtant reconnu, off the record, que le gouvernement avait versé 5 millions de dollars pour cette libération. Et la presse espagnole s’est fait largement l’écho de cette rumeur. En l’état, elle reste une pure spéculation même si elle a de fortes chances d’être vraie.

- De ce point de vue, l’affaire Clotilde Reiss présente une étrange particularité. Il est rare en effet que le marchandage, bien que nié par les deux parties, se présente de manière aussi explicite : la libération avant celle de Clotilde Reiss, de Madjid Kakavand, un ingénieur iranien assigné en France et dont les Etats-Unis demandaient l’extradition, une autre juste après et non des moindres puisqu’elle concerne Ali Vakili Rad, l’un des assassins de l’ancien Premier ministre Chapour Bakhtiar. Il faudrait être sourd et aveugle pour ne pas faire le lien. Et tout le monde le fait. D’autant qu’une libération juste après la durée incompressible de la peine, comme ce fut le cas du tueur iranien, est inhabituelle.

- On peut se demander pourquoi les autorités françaises ont accepté d’échanger presque ouvertement une innocente contre un tueur. Est-ce parce que la thèse selon laquelle rien n’est jamais négocié ne représente plus qu’une fiction diplomatique ayant tant perdu de sa crédibilité que le sauvetage des apparences devient lui-même presque superflu ?

- Il existe une autre hypothèse : pour récupérer Clotilde Reiss les Français devaient passer sous les fourches caudines du régime iranien et accepter d’être publiquement humiliés. Accepter aussi que l’opposition, par la voix de Benoît Hamon, fasse part de ses doutes sur la version officielle. On peut certes reprocher à Hamon ses déclarations. Mais pouvait-il cautionner une version officielle aussi peu crédible ? D’une certaine manière, il n’avait pas trop le choix. Et c’est une des retombées sinistres de cette sombre affaire.

- Pourquoi donc les autorités iraniennes chercheraient-elles à humilier la France ? Il existe un lourd contentieux entre les deux pays et qui date précisément de la guerre Iran-Irak puis des attentats organisés ou financés par les Iraniens sur le sol français. Mais au-delà, il y a le désir de ridiculiser et d’humilier des sociétés considérées comme molles, avachies et lâches. Il suffit de se souvenir de la visite de Kadhafi en décembre 2007, une visite interminable de cinq jours et qui sembla durer cinq semaines tant la volonté de ridiculiser et d’offenser ses hôtes était crûment affichée par le dictateur libyen. Personne ne doutait alors que c’était une partie du « deal » pour la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien.

- Il existe une explication plus simple et, au demeurant, plus réaliste de l’échange qui a présidé à la libération de Clotilde Reiss : les mollahs avaient besoin de garanties et ont exigé de récupérer deux de leurs agents l’un avant et l’autre après la libération de la jeune française, à charge pour la France de se dépatouiller avec cette exigence. Bref, exit la volonté d’humilier. C’est, après tout, possible. Et on n’en saura probablement jamais rien. Mais la libération des otages occidentaux est désormais l’objet de marchandages si explicites et si honteux que la volonté d’humilier ne peut être balayée d’un revers de main. Reste une question et non des moindres : pouvons-nous faire autrement ?

Une pétition internationale contre le terrorisme a été lancée par l’alliance internationale contre le terrorisme, n’hésitez pas à la signer sur http://www.petitionnonaut.org/index.php?lang=french

Selon Hafez Abu Saeda, secrétaire général de l’Organisation des droits humains d’Egypte, l’administration Obama semble plus encline à protéger les régimes dictatoriaux dans la région, qu’à promouvoir la démocratie.

C’est ainsi que le 11 mai dernier, le parlement égyptien a approuvé la prolongation de la loi d’urgence, promulguée en 1981 après l’assassinat du Président Anouar el-Sadat.

Les défenseurs des droits humains ont depuis 30 ans dénoncé le fait que cette loi – qui permet d’arrêter et d’emprisonner sans autre forme de procès – avait été utilisée à l’encontre de toutes sortes d’opposants au régime et pas uniquement à l’encontre des Frères musulmans.

En 2005, le Président Moubarak avait pourtant promis de transformer cette loi en une loi anti-terroriste.

Les défenseurs des droits humains en Egypte s’inquiètent du fait que Washington et l’Union Européenne ne fassent aucune pression contre les dictatures arabes.

Selon Abu Saeda, l’administration Obama exercerait moins de pression en faveur de la promotion des droits humains et de la démocratie que la précédente administration Bush durant son deuxième mandat.

Ainsi, l’assistance financière pour la promotion de la démocratie dans le monde arabe aurait été réduite de 200 millions de dollars US.

voir sur l’ancien blog de Malka Marcovich, les articles consacrés à l’Egypte