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Par Salima Tlemçani publié dans El Watan

Parce que justice n’a pas été rendue aux victimes des violences d’El Haïcha, à Hassi Messaoud (Algérie), en juillet 2001, des dizaines d’autres femmes vivent, non loin des mêmes lieux, un véritable cauchemar. Depuis quelques semaines, chaque soir elles subissent le pire. Constitués en bandes organisées, des jeunes hommes encagoulés munis de sabres, couteaux haches et bâtons fracassent les portes et investissent leurs maisons. Ni les cris, ni les pleurs des enfants, ni les supplications des vieux ne font reculer les assaillants dans leur sale besogne. Battues, menacées de mort, les victimes sont délestées de leurs bijoux, argent, téléphones portables et de tout objet ou équipement électroménager de valeur.

Depuis deux semaines, chaque soir, le scénario de l’horreur se répète, face à l’impuissance ou l’inertie des services de police, alors qu’un commissariat se trouve à quelques centaines de mètres de ce quartier situé dans la ville pétrolière censée être la plus surveillée du pays. Les maisons ne sont pas choisies au hasard. Elles sont repérées dans la journée, puis mises à sac la nuit. La plupart sont habitées par des femmes originaires du nord, qui vivent loin de leurs familles. Rares sont celles qui déposent plainte, car les plus téméraires ont payé cher leur acte. Elles ont fini par abandonner leur domicile, errant d’un quartier à un autre à la recherche d’un lieu plus sûr. Rencontrées sur place, les témoignages de certaines d’entre elles font froid dans le dos et font craindre le pire. Terrorisées, les victimes ont toutes refusé de révéler leur identité. « C’est la misère qui nous a fait faire des centaines de kilomètres à la recherche d’un emploi pour nourrir nos familles.

Nous ne voulons pas perdre le pain de nos enfants. Nous voulons juste gagner notre vie avec dignité et dans la sécurité. Nous sommes des citoyennes au même titre que les autres,et nous avons droit d’aller n’importe où pour travailler », déclare Souad, âgée d’une trentaine d’années. Lorsque nous lui avons rendu visite, dans sa maison du quartier des 36 logements, elle a mis du temps à nous ouvrir la porte. Elle venait de rentrer chez elle après avoir fait le tour des maisons de ses copines, sur le boulevard, au cœur même de la ville. Notre identité déclinée, elle exprime son « grand soulagement ». Cela fait plus d’une semaine que sa sœur et elle vivent un « vrai cauchemar ». Une bande de cinq à six jeunes enturbannés ont fait irruption chez elles au milieu de la nuit de mercredi à jeudi. « On nous avait déjà parlé de femmes ayant été agressées dans leur maison, mais je n’y ai pas cru. Je n’aurais pas pensé qu’un jour je serais une des victimes », raconte Souad, l’aînée d’une famille de trois filles et un garçon. Cela fait dix ans qu’elle travaille à Hassi Messaoud. Sa sœur cadette, avec laquelle elle partage le logement en parpaing constitué d’une pièce-cuisine, semble très fatiguée. Elle vient de subir une opération chirurgicale. En cette nuit de jeudi, les deux filles, leur jeune frère et leur mère venus leur rendre visite de très loin, ignoraient que le pire les attendait. Tous dormaient profondément lorsqu’ils ont brusquement été réveillés par de violents coups donnés à la porte d’entrée métallique. Avant même que Souad ait le temps de se mettre debout, déjà trois hommes encagoulés, surgissaient dans la pièce. « Lorsque je me suis réveillée, j’ai vu le viseur d’un téléphone portable se fixer sur mon visage. J’étais terrorisée. Ma sœur criait et ma mère suppliait les assaillants de ne pas nous toucher. L’un d’eux m’a bloquée contre le mur en m’enfonçant un tournevis dans le ventre. Il m’a enlevé ma chaîne en or, mes bagues et mes boucles d’oreilles. Ils avaient tous un accent du sud-ouest. Il m’a interdit de crier et j’étais comme paralysée, jusqu’au moment où il a commencé à relever ma jupe. Je le suppliais, mais il était comme drogué. Il puait l’alcool, tout comme ceux qui étaient avec lui. Ma sœur malade n’arrivait pas à se lever, ils lui ont demandé son téléphone portable, alors que ma mère a été délestée de sa bague en or avec violence. Son agresseur l’a obligée à l’enlever en maintenant le couteau collé à sa main, laissant une bonne entaille. Nous avons crié de toutes nos forces et l’un d’eux, dans sa fuite, a laissé tomber la serviette qui recouvrait son visage. Un visage que je garderais en mémoire toute ma vie. Les cinq ont pris la fuite lorsque les voisins ont ouvert leurs portes en entendant nos cris », témoigne Souad. Elle dénude son abdomen pour nous montrer la cicatrice, longue de quelques centimètres, laissée par le tournevis.

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Par Charles Malou

A peine le mal nommé Conseil des droits de l’homme de l’ONU vient-il d’achever dans l’indifférence générale le mauvais show de sa session de mars à Genève, que la publication du rapport annuel d’Amnesty international (AI) sur la peine de mort à travers la planète souligne le décalage entre la rhétorique et le comportement de certains Etats en la matière. En cause, la Chine d’abord, qui a exécuté en 2009 plus de condamnés que le reste du monde, puis d’Iran, l’Irak, l’Arabie Saoudite et le Moyen-Orient en général, ainsi que l’Afrique du Nord. Tous des régimes dictatoriaux ou autoritaires toujours prompts à donner des leçons aux autres, à stigmatiser le seul  Israël et à exploiter le gadget de la diffamation des religions afin de détourner l’attention de leurs propres manquements au respect des droits fondamentaux

Revers de la médaille de son boom économique, la Chine se retrouve toujours en tête de ce sinistre palmarès avec des exécutions par milliers selon les informations des années précédentes et des sources concordantes. Pékin se refusant à communiquer des statistiques relatives au recours à la peine de mort, sujet sensible entre tous classé secret d’Etat, AI a préféré s’abstenir de chiffrer le nombre exact d’exécutions pratiquées en 2009. Et de rappeler qu’en Chine 68 infractions, certaines n’impliquant aucune violence, sont passibles de la peine capitale.

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Il y a tout juste un an, les médias se mobilisaient avec ardeur autour des enjeux de la Conférence d’examen de la Conférence mondiale contre le racisme, dite de « Durban 2 ». La question qui divisait les associations, les personnalités intellectuelles et Etats était la pertinence de participer ou non à cette conférence. D’un côté on trouvait ceux qui alertaient depuis des mois et considéraient que les jeux était déjà faits, qu’y aller c’était cautionner les dérives à l’œuvre depuis la première conférence en 2001.

(voir ensemble du dossier Durban 2 sur les anciens blogs de Malka Marcovich 1 et 2).

D’autres au contraire affirmaient qu’il ne fallait pas faire la prétendue politique de la « chaise vide ». Ils croyaient encore en la force de la diplomatie ou « du dialogue multilatéral ». En ce domaine, le gouvernement français excellait. Certains se disaient rassurés par le fait que le Président de la République Nicolas Sarkozy avait introduit le principe de « lignes rouges » à ne pas franchir dès janvier 2008. On se plut à répéter ce mantra au fil des mois,  « lignes rouges » chaque fois repoussées au gré de l’avancement des négociations.

Et la France resta jusqu’au bout. Et  elle gonfla son jabot en se levant aux premiers mots du Président de la République Islamique d’Iran à grand renfort de caméras, suivi par les quelques pays de l’UE qui n’avaient pas déserté encore et continuaient comme la France à participer aux processus.

Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Les mots scandaleux qui remettaient en question la liberté d’expression étaient paraphrasés. La question du Moyen Orient était soit disant évacuée alors qu’elle persistait dans un jeu de renvois de textes et déclarations déjà adoptées. (voir Nouvel Observateur). L’honneur semblait sauf et la Communauté internationale assurait qu’elle continuait sa marche vers un avenir glorieux.

Dès juillet 2009, la Conférence du Mouvement des Non Alignés réunie sous la Présidence de l’Egypte avançait encore ses pions contre la liberté d’expression. La déclaration issue de la réunion se mobilisait contre la diffamation des religions (en particulier l’Islamophobie). De même l’Organisation de la Conférence islamique n’eut de cesse de remettre en toutes occasions – à l’Assemblée Générale de l’ONU sous présidence libyenne, au Conseil des droits de l’homme, au sein du Comité ad hoc sur les normes complémentaires présidée par l’Algérie, dans les conférences interministérielles de l’OCI –  la diffamation  de l’Islam comme cause première des violences et des atteintes aux droits des personnes dans le monde.

Le nouveau concept de droit des peuples à la paix, clamé sur tous les tons dans les différentes instances, a également avancé son projet totalisant à travers le renforcement de l’Alliance des civilisations, notamment après la conférence d’Istanbul en avril 2009 sous les auspices du gouvernement « islamique modéré » du premier ministre Turc Recep Erdogan.

La session la plus importante du CDH se déroule au mois de mars chaque année lors du dialogue dit « de Haut Niveau » où les représentants des Etats rivalisent de discours pénétrés aux accents prophétiques. La République islamique d’Iran – pour qui aucune session spéciale n’a jamais été convoquée malgré les événements sanglants de ces dix derniers mois – a déclaré avec ferveur que les dernières élections, inscrites dans les valeurs et l’idéologie de l’Islam, avaient été exemplaires du point de vue de la démocratie et des libertés fondamentales. (voir Discours du Ministre des affaires étrangères iranien )

Le Pakistan, représentant agressif de l’OCI, n’a pas manqué une occasion de vociférer contre l’islamophobie et la diffamation des religions, menace des menaces entre toutes les menaces, et a présenté une résolution contre la diffamation des religions, en particulier de l’Islam (une quinzaine ont été votées depuis 1999 à la Commission puis au Conseil des droits de l’homme créé en 2006). Cette résolution  a été adoptée par un vote de 20 pour, 17 contre, 8 abstention et deux absents. La votation suisse fut particulièrement visée durant les débats et l’interdiction des minarets a été introduite dans la résolution.

Quelle ironie pour la Confédération helvétique  qui a toujours plié devant toutes les exigences de l’OCI, (hors et in contexte de l’ONU) depuis son adhésion à l’ONU en 2002 et à l’occasion de son mandat au CDH jusqu’à juin 2009.

Sur 8  résolutions consacrées aux violations des droits humains dans le monde durant cette session, 5 furent consacrées uniquement aux violations israéliennes.

Diffamation des religions, focalisation sur Israël, les lignes rouges continuent allègrement d’être franchies. Après la défaite des démocraties il y a un an à Durban 2, voici venu le temps de la débandade « honorable ». A quand la débâcle ?

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