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Posts Tagged ‘Egypte’

Par Marion Guénard, Rue  89

Le 6 juin, Khaled Saïd, un jeune homme de 28 ans, est interpellé dans un cybercafé d’Alexandrie par deux policiers en civil. Ils lui demandent ses papiers d’identité. Il résiste. Selon des témoins et l’association Al Nadeem, une organisation égyptienne de défense des droits de l’homme, le jeune homme est alors traîné de force dehors et battu à mort. En représailles de la mise en ligne d’une vidéo accablant la police.

Pour son frère, Ahmed, ces brutalités meurtrières ne sont pas le fruit du hasard. Khaled Saïd n’était pas un opposant au régime, ni un militant des droits de l’homme, mais il venait de poster sur Internet une vidéo implacable. Le document montrait des policiers se partageant argent et drogue, après l’arrestation de dealers.

Selon un avocat du centre Al Nadeem, la famille de Khaled Saïd a été informée de sa mort mais n’a pas été autorisée à voir le corps. Lorsque ses proches portent plainte le lendemain, le 7 juin, ils découvrent qu’un rapport a déjà été rédigé.

Les autorités avancent une autre version de l’histoire. Un communiqué du centre d’information de la sécurité égyptienne (accessible en arabe uniquement) présente le jeune homme comme un délinquant et nie toute responsabilité des policiers dans l’affaire : Khaled Saïd aurait avalé un sachet de drogue. Il serait mort d’étouffement. Par accident.

Selon Muhammad Abdel Aziz, avocat du centre Al Nadeem interrogé par Al-Masry al-Youm, « deux policiers ont demandé de l’argent [à Khaled Saïd], et quand il a répondu qu’il n’en avait pas, ils l’ont battu ».

(suite…)

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Les trois semaines de la 14ème session du Conseil des droits de l’homme, n’a pas donné lieu à des changements fondamentaux dans le ton :

  • agenda identique avec focalisation sur le conflit Israël/Palestine,
  • Envolées oratoires de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI)  représentée par le Pakistan, la République islamique d’Iran, l’Egypte concernant le racisme que constitue la diffamation des religions,
  • Impossibilité d’évoquer des violations des droits humains telles que les violences commises contre les Ahmadites à Lahore.
  • Bref, que de la routine depuis les quatre ans d’existence du Conseil. (Voir sur l’ancien blog de Malka Marcovich d’autres articles consacrés au CDH).

    On peut aussi noter deux actions qui relèvent encore une fois de la capitulation des démocraties face aux poussées relativistes contre les droits universels :

  • l’adoption par consensus d’une résolution sur la promotion de la jouissance effective des droits culturels pour tous et le respect de la diversité culturelle présentée par Cuba  au nom du Bangladesh, de la Biélorussie, de la Bolivie, du Congo, de la Côte d’Ivoire, de l’ Équateur, d’El Salvador, du Mexique, du Nicaragua, du Nigéria, du Pakistan, des Philippines, de la République arabe syrienne, de la République démocratique populaire lao, dela  République populaire démocratique de Corée, du Soudan, du Venezuela et du Viet Nam.
  • L’élection par acclamation au Comité Consultatif du Conseil des droits de l’homme, ou « comité des sages »,  prêtre Sandiniste du Nicaragua, Miguel d’Escoto Brockman, qui avait présidé la 63ème session de l’Assemblée Générale et dont on se rappelle les prêches et envolées enflammées.( Voir sur l’ancien blog de Malka Marcovich les articles consacrés à cette haute personnalité de l’ONU. )
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    Selon Hafez Abu Saeda, secrétaire général de l’Organisation des droits humains d’Egypte, l’administration Obama semble plus encline à protéger les régimes dictatoriaux dans la région, qu’à promouvoir la démocratie.

    C’est ainsi que le 11 mai dernier, le parlement égyptien a approuvé la prolongation de la loi d’urgence, promulguée en 1981 après l’assassinat du Président Anouar el-Sadat.

    Les défenseurs des droits humains ont depuis 30 ans dénoncé le fait que cette loi – qui permet d’arrêter et d’emprisonner sans autre forme de procès – avait été utilisée à l’encontre de toutes sortes d’opposants au régime et pas uniquement à l’encontre des Frères musulmans.

    En 2005, le Président Moubarak avait pourtant promis de transformer cette loi en une loi anti-terroriste.

    Les défenseurs des droits humains en Egypte s’inquiètent du fait que Washington et l’Union Européenne ne fassent aucune pression contre les dictatures arabes.

    Selon Abu Saeda, l’administration Obama exercerait moins de pression en faveur de la promotion des droits humains et de la démocratie que la précédente administration Bush durant son deuxième mandat.

    Ainsi, l’assistance financière pour la promotion de la démocratie dans le monde arabe aurait été réduite de 200 millions de dollars US.

    voir sur l’ancien blog de Malka Marcovich, les articles consacrés à l’Egypte

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    Par Charles Malou

    A peine le mal nommé Conseil des droits de l’homme de l’ONU vient-il d’achever dans l’indifférence générale le mauvais show de sa session de mars à Genève, que la publication du rapport annuel d’Amnesty international (AI) sur la peine de mort à travers la planète souligne le décalage entre la rhétorique et le comportement de certains Etats en la matière. En cause, la Chine d’abord, qui a exécuté en 2009 plus de condamnés que le reste du monde, puis d’Iran, l’Irak, l’Arabie Saoudite et le Moyen-Orient en général, ainsi que l’Afrique du Nord. Tous des régimes dictatoriaux ou autoritaires toujours prompts à donner des leçons aux autres, à stigmatiser le seul  Israël et à exploiter le gadget de la diffamation des religions afin de détourner l’attention de leurs propres manquements au respect des droits fondamentaux

    Revers de la médaille de son boom économique, la Chine se retrouve toujours en tête de ce sinistre palmarès avec des exécutions par milliers selon les informations des années précédentes et des sources concordantes. Pékin se refusant à communiquer des statistiques relatives au recours à la peine de mort, sujet sensible entre tous classé secret d’Etat, AI a préféré s’abstenir de chiffrer le nombre exact d’exécutions pratiquées en 2009. Et de rappeler qu’en Chine 68 infractions, certaines n’impliquant aucune violence, sont passibles de la peine capitale.

    (suite…)

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    Il y a tout juste un an, les médias se mobilisaient avec ardeur autour des enjeux de la Conférence d’examen de la Conférence mondiale contre le racisme, dite de « Durban 2 ». La question qui divisait les associations, les personnalités intellectuelles et Etats était la pertinence de participer ou non à cette conférence. D’un côté on trouvait ceux qui alertaient depuis des mois et considéraient que les jeux était déjà faits, qu’y aller c’était cautionner les dérives à l’œuvre depuis la première conférence en 2001.

    (voir ensemble du dossier Durban 2 sur les anciens blogs de Malka Marcovich 1 et 2).

    D’autres au contraire affirmaient qu’il ne fallait pas faire la prétendue politique de la « chaise vide ». Ils croyaient encore en la force de la diplomatie ou « du dialogue multilatéral ». En ce domaine, le gouvernement français excellait. Certains se disaient rassurés par le fait que le Président de la République Nicolas Sarkozy avait introduit le principe de « lignes rouges » à ne pas franchir dès janvier 2008. On se plut à répéter ce mantra au fil des mois,  « lignes rouges » chaque fois repoussées au gré de l’avancement des négociations.

    Et la France resta jusqu’au bout. Et  elle gonfla son jabot en se levant aux premiers mots du Président de la République Islamique d’Iran à grand renfort de caméras, suivi par les quelques pays de l’UE qui n’avaient pas déserté encore et continuaient comme la France à participer aux processus.

    Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Les mots scandaleux qui remettaient en question la liberté d’expression étaient paraphrasés. La question du Moyen Orient était soit disant évacuée alors qu’elle persistait dans un jeu de renvois de textes et déclarations déjà adoptées. (voir Nouvel Observateur). L’honneur semblait sauf et la Communauté internationale assurait qu’elle continuait sa marche vers un avenir glorieux.

    Dès juillet 2009, la Conférence du Mouvement des Non Alignés réunie sous la Présidence de l’Egypte avançait encore ses pions contre la liberté d’expression. La déclaration issue de la réunion se mobilisait contre la diffamation des religions (en particulier l’Islamophobie). De même l’Organisation de la Conférence islamique n’eut de cesse de remettre en toutes occasions – à l’Assemblée Générale de l’ONU sous présidence libyenne, au Conseil des droits de l’homme, au sein du Comité ad hoc sur les normes complémentaires présidée par l’Algérie, dans les conférences interministérielles de l’OCI –  la diffamation  de l’Islam comme cause première des violences et des atteintes aux droits des personnes dans le monde.

    Le nouveau concept de droit des peuples à la paix, clamé sur tous les tons dans les différentes instances, a également avancé son projet totalisant à travers le renforcement de l’Alliance des civilisations, notamment après la conférence d’Istanbul en avril 2009 sous les auspices du gouvernement « islamique modéré » du premier ministre Turc Recep Erdogan.

    La session la plus importante du CDH se déroule au mois de mars chaque année lors du dialogue dit « de Haut Niveau » où les représentants des Etats rivalisent de discours pénétrés aux accents prophétiques. La République islamique d’Iran – pour qui aucune session spéciale n’a jamais été convoquée malgré les événements sanglants de ces dix derniers mois – a déclaré avec ferveur que les dernières élections, inscrites dans les valeurs et l’idéologie de l’Islam, avaient été exemplaires du point de vue de la démocratie et des libertés fondamentales. (voir Discours du Ministre des affaires étrangères iranien )

    Le Pakistan, représentant agressif de l’OCI, n’a pas manqué une occasion de vociférer contre l’islamophobie et la diffamation des religions, menace des menaces entre toutes les menaces, et a présenté une résolution contre la diffamation des religions, en particulier de l’Islam (une quinzaine ont été votées depuis 1999 à la Commission puis au Conseil des droits de l’homme créé en 2006). Cette résolution  a été adoptée par un vote de 20 pour, 17 contre, 8 abstention et deux absents. La votation suisse fut particulièrement visée durant les débats et l’interdiction des minarets a été introduite dans la résolution.

    Quelle ironie pour la Confédération helvétique  qui a toujours plié devant toutes les exigences de l’OCI, (hors et in contexte de l’ONU) depuis son adhésion à l’ONU en 2002 et à l’occasion de son mandat au CDH jusqu’à juin 2009.

    Sur 8  résolutions consacrées aux violations des droits humains dans le monde durant cette session, 5 furent consacrées uniquement aux violations israéliennes.

    Diffamation des religions, focalisation sur Israël, les lignes rouges continuent allègrement d’être franchies. Après la défaite des démocraties il y a un an à Durban 2, voici venu le temps de la débandade « honorable ». A quand la débâcle ?

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