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Par le Dr Jacky Mamou, président du Collectif Urgence Darfour, publié sur  Nouvel Obs.com

Les Etats-Unis et l’Europe avec au premier chef la France se fourvoient en légitimant le processus électoral au Soudan. Les grandes puissances occidentales ne se préoccupent que du référendum prévu pour janvier 2011 dont dépendra l’éventuelle indépendance du Sud-Soudan. L’échéance aura certes des conséquences régionales majeures, tant politiques qu’économiques. Mais ainsi se reproduisent les mêmes erreurs qui avaient abouti en 2005 à l’Accord de paix global (CPA) entre le Nord, musulman et le Sud, chrétien et animiste, qui, tout en mettant fin à une longue et cruelle guerre, occultait néanmoins le drame du Darfour. Aujourd’hui tout le monde feint de croire que le scrutin prévu le 11 avril, sera un pas vers la paix et la démocratisation du Soudan. Il n’en sera rien.

L’homme fort de Khartoum espère une légitimité par les urnes qui le protégerait du mandat d’arrêt international lancé contre lui par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour. Jouant désormais à l’homme de paix, il a commencé par proclamer sa réconciliation avec son homologue tchadien, Idriss Déby, les deux hommes s’engageant à ne plus se faire la guerre par rebelles interposés – à la grande satisfaction des Français, ce qui explique peut-être leur actuelle indulgence à l’égard du pouvoir soudanais. Puis il a signé un accord-cadre prévoyant des négociations de paix avec les rebelles islamistes du JEM. L’accord prévoyait un cessez-le-feu, mais au même moment l’aviation soudanaise bombardait le Jebel Marra, peuplé par l’ethnie majoritaire four. Les chancelleries occidentales n’ont pas cru devoir protester, tant elles avaient à cœur de donner raison au chef de l’Etat soudanais qui affirmait que «la guerre est finie au Darfour».

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Il y a tout juste un an, les médias se mobilisaient avec ardeur autour des enjeux de la Conférence d’examen de la Conférence mondiale contre le racisme, dite de « Durban 2 ». La question qui divisait les associations, les personnalités intellectuelles et Etats était la pertinence de participer ou non à cette conférence. D’un côté on trouvait ceux qui alertaient depuis des mois et considéraient que les jeux était déjà faits, qu’y aller c’était cautionner les dérives à l’œuvre depuis la première conférence en 2001.

(voir ensemble du dossier Durban 2 sur les anciens blogs de Malka Marcovich 1 et 2).

D’autres au contraire affirmaient qu’il ne fallait pas faire la prétendue politique de la « chaise vide ». Ils croyaient encore en la force de la diplomatie ou « du dialogue multilatéral ». En ce domaine, le gouvernement français excellait. Certains se disaient rassurés par le fait que le Président de la République Nicolas Sarkozy avait introduit le principe de « lignes rouges » à ne pas franchir dès janvier 2008. On se plut à répéter ce mantra au fil des mois,  « lignes rouges » chaque fois repoussées au gré de l’avancement des négociations.

Et la France resta jusqu’au bout. Et  elle gonfla son jabot en se levant aux premiers mots du Président de la République Islamique d’Iran à grand renfort de caméras, suivi par les quelques pays de l’UE qui n’avaient pas déserté encore et continuaient comme la France à participer aux processus.

Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Les mots scandaleux qui remettaient en question la liberté d’expression étaient paraphrasés. La question du Moyen Orient était soit disant évacuée alors qu’elle persistait dans un jeu de renvois de textes et déclarations déjà adoptées. (voir Nouvel Observateur). L’honneur semblait sauf et la Communauté internationale assurait qu’elle continuait sa marche vers un avenir glorieux.

Dès juillet 2009, la Conférence du Mouvement des Non Alignés réunie sous la Présidence de l’Egypte avançait encore ses pions contre la liberté d’expression. La déclaration issue de la réunion se mobilisait contre la diffamation des religions (en particulier l’Islamophobie). De même l’Organisation de la Conférence islamique n’eut de cesse de remettre en toutes occasions – à l’Assemblée Générale de l’ONU sous présidence libyenne, au Conseil des droits de l’homme, au sein du Comité ad hoc sur les normes complémentaires présidée par l’Algérie, dans les conférences interministérielles de l’OCI –  la diffamation  de l’Islam comme cause première des violences et des atteintes aux droits des personnes dans le monde.

Le nouveau concept de droit des peuples à la paix, clamé sur tous les tons dans les différentes instances, a également avancé son projet totalisant à travers le renforcement de l’Alliance des civilisations, notamment après la conférence d’Istanbul en avril 2009 sous les auspices du gouvernement « islamique modéré » du premier ministre Turc Recep Erdogan.

La session la plus importante du CDH se déroule au mois de mars chaque année lors du dialogue dit « de Haut Niveau » où les représentants des Etats rivalisent de discours pénétrés aux accents prophétiques. La République islamique d’Iran – pour qui aucune session spéciale n’a jamais été convoquée malgré les événements sanglants de ces dix derniers mois – a déclaré avec ferveur que les dernières élections, inscrites dans les valeurs et l’idéologie de l’Islam, avaient été exemplaires du point de vue de la démocratie et des libertés fondamentales. (voir Discours du Ministre des affaires étrangères iranien )

Le Pakistan, représentant agressif de l’OCI, n’a pas manqué une occasion de vociférer contre l’islamophobie et la diffamation des religions, menace des menaces entre toutes les menaces, et a présenté une résolution contre la diffamation des religions, en particulier de l’Islam (une quinzaine ont été votées depuis 1999 à la Commission puis au Conseil des droits de l’homme créé en 2006). Cette résolution  a été adoptée par un vote de 20 pour, 17 contre, 8 abstention et deux absents. La votation suisse fut particulièrement visée durant les débats et l’interdiction des minarets a été introduite dans la résolution.

Quelle ironie pour la Confédération helvétique  qui a toujours plié devant toutes les exigences de l’OCI, (hors et in contexte de l’ONU) depuis son adhésion à l’ONU en 2002 et à l’occasion de son mandat au CDH jusqu’à juin 2009.

Sur 8  résolutions consacrées aux violations des droits humains dans le monde durant cette session, 5 furent consacrées uniquement aux violations israéliennes.

Diffamation des religions, focalisation sur Israël, les lignes rouges continuent allègrement d’être franchies. Après la défaite des démocraties il y a un an à Durban 2, voici venu le temps de la débandade « honorable ». A quand la débâcle ?

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