Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘Israël’

Une réunion d’urgence, puis une journée entière pour stigmatiser Israël.

Pas le moindre débat sur la tragédie humanitaire en Asie centrale.

Par  Charles  Malou

Illustration flagrante du « deux poids, deux mesures »,  neuf islamistes turcs pèsent plus lourd pour le Conseil des droits de l’homme (CDH)  qu’une centaine de musulmans pacifiques en prière massacrés par des fondamentalistes au Pakistan et que les innombrables victimes des récentes violences inter-ethniques en Kirghizie.

Dès l’arraisonnement le 31 mai de l’armada pro-Hamas au large de Gaza, la réaction a été immédiate au CDH, orchestrée comme d’habitude par l’Organisation de la conférence islamique (OCI) et la Ligue arabe. La 14eme session venait à peine de s’ouvrir que le représentant du Pakistan, porte-parole attitré de l’OCI , se précipitait à la tribune, saisissant le prétexte pour faire diversion et reléguer dans l’ombre le carnage de Lahore lors de l’attaque, trois jours plus tôt par des kamikazes, de deux mosquées ahmadites, une communauté non-violente qualifiée d’hérétique par l’islam orthodoxe.

Quant à la tragédie humanitaire en Kirghizie, alors que le bilan des affrontements  entre Kirghizes et Ouzbeks s’alourdissaient quotidiennement,  il aura fallu attendre l’ultime jour de la session, le 18 juin, pour que le Conseil adopte sans débat une résolution consensuelle présentée par la Kirghizie elle-même avec le concours des Etats-Unis demandant au gouvernement kirghize une enquête « transparente » et non « internationale » comme pour Israël début juin. L’un des 47 membres du CDH, la Kirghizie était d’autant mieux placée pour défendre ses intérêts qu’elle peut compter sur le soutien du groupe islamique et d’autres.

Tout empêtré dans son indigation sélective, le CDN a délibérément ignoré le nettoyage ethnique des Ouzbeks en cours en Kirghizie. Une fois de plus, le conflit israélo-arabe aura été l’arbre qui cache la forêt des multibles violations à travers le monde, moyen commode pour le bloc musulman et ses alliés liberticides de détourner l’attention de leurs propres manquements aux droits de l’homme.

Le  jour même de l’ouverture de la session, le Pakistan pour l’OCI et le Soudan pour la Ligue arabe avaient obtenu la convocation sans délai d’une réunion d’urgence sur l’abordage des bateaux des sympathisans du Hamas,  la 7èmesession spéciale vouée à diaboliser Israël sur les dix consacrées à un pays spécifique depuis la création du Conseil en 2006. Toute honte bue au lendemain du carnage qui venait d’ensanglanter Lahore, c’est la République islamique du Pakistan qui concoctera la résolution condamnant Israël et demandant la création d’une commission internationale d’enquête sur l’intervention contre la « flottille ». Sur 41 résolutions concernant des pays, ce fut la 34ème fois que l’éternel bouc émissaire se retrouvait dans le collimateur.

Après ces nouvelles gesticulations stériles qui n’amusent même plus la galerie, une 2eme journée était entièrement consacrée à mettre Israël au pilori dans le cadre du point 7 de l’ordre du jour. Selon cette disposition, à chaque session le Conseil tient un débat général sur « la situation des DH en Palestine et dans les autres territoires arabes occupés », si bien qu’Israël est l’unique pays à être ainsi mis régulièrement en accusation.  Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon avait critiqué «  la décision du Conseil de cibler une question régionale particulière, compte tenu de l’ampleur des violations des droits de l’homme dans le monde ».

Rien n’y a fait, le point 7 revient à chaque session  comme une lithanie. Ainsi, tour à tour a-t-on vu la Libye, la Syrie, l’Iran, le Soudan, la Corée du Nord, le Venezuela, l’OCI et la Ligue arabe  se livrer à leur surenchère rituelle, au moment même où la Kirghizie sombrait dans l’horreur. Ce jour-là, le 14 juin, on comptait officiellement déjà près de 200 tués, 1.500 blessés, 100.000 régugiés, tandis que la Croix-Rouge avertissait que la crise humanitaire « empirait d’heure en heure ». De son côté, Dilmurad Ishanov, un défenseur ousbek des droits de l’homme à Och lançait un cri d’alarme : « Ils sont en train de tuer les Ouzbeks comme des animaux. Presque toute la ville est en flamme. » Rare voix discordante  dans  l’indifférence ambiante, c’est ce qu’avait évoqué dans sa brève intervention le représentant de l ‘ONG UN Watch Hillel Neuer : Si tous les êtres humains sont égaux, pourquoi ce silence sur les victimes de Kirghizie ? » avait-il osé.

Obnubilé par le seul Proche-Orient, le Conseil est resté sourd au drame des Ouzbeks de Kirghizie. Pas un mot  pour ces victimes de règlements de comptes inter-musulmans et encore moins de session spéciale dans l’urgence pour tenter d’arrêter le massacre. Quand le Conseil a finalement adopté quatre jours plus tard une résolution de pure forme, le déferlement de violence avait poursuivi son œuvre et le nombre de morts avait été multiplié par dix, les estimations officielles faisant état de 2.000 Ouzbeks tués dans de « véritables pogroms d’une violence inouïe » selon l’envoyée spéciale du « Monde ». Dans un pays d’un peu plus de cinq millions d’habitants, un million de personnes ont été affectées par la crise, des centaines de milliers ont été  déplacées et 400.000 Ouzbeks ont été poussées à fuir le bain de sang vers l‘Ouzbékistan voisin.

Devant tant de « barbarie », les gens ne comprennent pas que la communauté internationale ait laissé faire sans réagir, rapportent  des journalistes témoins des atrocités. Comme au Sri Lanka l’an dernier, l’ONU et son CDH ont failli, les pays musulmans sont restés muets, la Turquie d’Erdogan , désormais en première ligne dans l’activisme anti-israélien, ne s’est guère préoccupée de ce conflit sanglant entre deux peuples turcophones qui pratiquent la même religion, l’islam sunnite, de même qu’elle ne se soucie pas vraiment des Ouïghours persécutés par la Chine. Il est plus facile de faire un point de fixation obsessionnel sur Israël. L’OCI ne se sent pas concernée quand ce sont des musulmans qui tuent d’autres musulmans, pas plus que les bonnes âmes qui vociféraient lors de l’arraisonnement  des bateaux des  partisans du Hamas ne se font entendre quand il s’agit d’Ouzbeks, de Kurdes, de Saharaouis, de Baloutches, de Berbères, de peuples du Darfour ou d’autres victimes de régimes islamiques.

Publicités

Read Full Post »

Les trois semaines de la 14ème session du Conseil des droits de l’homme, n’a pas donné lieu à des changements fondamentaux dans le ton :

  • agenda identique avec focalisation sur le conflit Israël/Palestine,
  • Envolées oratoires de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI)  représentée par le Pakistan, la République islamique d’Iran, l’Egypte concernant le racisme que constitue la diffamation des religions,
  • Impossibilité d’évoquer des violations des droits humains telles que les violences commises contre les Ahmadites à Lahore.
  • Bref, que de la routine depuis les quatre ans d’existence du Conseil. (Voir sur l’ancien blog de Malka Marcovich d’autres articles consacrés au CDH).

    On peut aussi noter deux actions qui relèvent encore une fois de la capitulation des démocraties face aux poussées relativistes contre les droits universels :

  • l’adoption par consensus d’une résolution sur la promotion de la jouissance effective des droits culturels pour tous et le respect de la diversité culturelle présentée par Cuba  au nom du Bangladesh, de la Biélorussie, de la Bolivie, du Congo, de la Côte d’Ivoire, de l’ Équateur, d’El Salvador, du Mexique, du Nicaragua, du Nigéria, du Pakistan, des Philippines, de la République arabe syrienne, de la République démocratique populaire lao, dela  République populaire démocratique de Corée, du Soudan, du Venezuela et du Viet Nam.
  • L’élection par acclamation au Comité Consultatif du Conseil des droits de l’homme, ou « comité des sages »,  prêtre Sandiniste du Nicaragua, Miguel d’Escoto Brockman, qui avait présidé la 63ème session de l’Assemblée Générale et dont on se rappelle les prêches et envolées enflammées.( Voir sur l’ancien blog de Malka Marcovich les articles consacrés à cette haute personnalité de l’ONU. )
  • Read Full Post »

    Par Charles Malou

    A peine le mal nommé Conseil des droits de l’homme de l’ONU vient-il d’achever dans l’indifférence générale le mauvais show de sa session de mars à Genève, que la publication du rapport annuel d’Amnesty international (AI) sur la peine de mort à travers la planète souligne le décalage entre la rhétorique et le comportement de certains Etats en la matière. En cause, la Chine d’abord, qui a exécuté en 2009 plus de condamnés que le reste du monde, puis d’Iran, l’Irak, l’Arabie Saoudite et le Moyen-Orient en général, ainsi que l’Afrique du Nord. Tous des régimes dictatoriaux ou autoritaires toujours prompts à donner des leçons aux autres, à stigmatiser le seul  Israël et à exploiter le gadget de la diffamation des religions afin de détourner l’attention de leurs propres manquements au respect des droits fondamentaux

    Revers de la médaille de son boom économique, la Chine se retrouve toujours en tête de ce sinistre palmarès avec des exécutions par milliers selon les informations des années précédentes et des sources concordantes. Pékin se refusant à communiquer des statistiques relatives au recours à la peine de mort, sujet sensible entre tous classé secret d’Etat, AI a préféré s’abstenir de chiffrer le nombre exact d’exécutions pratiquées en 2009. Et de rappeler qu’en Chine 68 infractions, certaines n’impliquant aucune violence, sont passibles de la peine capitale.

    (suite…)

    Read Full Post »