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Par Annie Sugier et Linda Weil-Curiel, présidente et secrétaire générale de la Ligue du Droit International des Femmes (LDIF), paru dans « Libération » du 28 juin 2010

Il est des moments où la moutarde vous monte au nez et où l’on a envie de s’adresser à tous ces commentateurs qui aujourd’hui se déchaînent dans les médias pour jeter aux orties des footballeurs qu’ils ont encensés hier. A ces bavards de comptoirs, à ces rêveurs d’un jour qui proclament leur volonté de  faire table rase de l’existant pour imaginer un « autre football » dégagé de la violence, de la vulgarité, de l’argent, nous demandons de commencer par regarder du côté des filles. Cette équipe « black- blanc- beurre », respectueuse des règlements, débordante de talent et d’envie de vaincre existe ! Simplement ils ont préféré l’ignorer.

Auteure jusqu’à présent d’un parcours sans faute, en éliminatoires de la Coupe du Monde 2011,  l’équipe féminine de France continue sa campagne victorieuse  en cette fin de saison. Dimanche 19 juin, pendant qu’en Afrique du Sud se déroulait le psychodrame que l’on sait, elle écrasait la Croatie 3 a 0 ! Mercredi 23 juin, au lendemain de la calamiteuse défaite des Bleus, l’équipe féminine s’imposait   face à l’Estonie 6-0 ! Sa qualification est assurée avec  42 buts marqués, 0 encaissés, 8 matchs victorieux d’affilée. L’équipe de France Féminine est ainsi la première de son groupe.

Au sortir du match contre la Croatie Bruno Bini, sélectionneur de l’équipe de France féminine, confiait sa fierté à ceux qui voulaient bien lui tendre un micro : « Je suis très satisfait du jeu produit par les filles surtout qu’on a changé de système à un moment donné. On a fait un match propre techniquement avec quelques enchaînements de grande classe ( … ). Le public a été super, 6700 spectateurs,  c’est bien alors qu’il y avait des matchs de Coupe du Monde à la télé, que c’était un dimanche après-midi et qu’on était à la fin de la saison. Et puis quand les gens viennent et, à priori, repartent heureux, c’est toujours bien. On a même un ministre qui est venu nous « serrer la pogne » donc c’est bien car on n’a pas l’habitude».

Marie-Laure Delie, attaquante équipe de France, auteure du troisième but de ce même match déclarait radieuse : « Je suis très contente, on a pratiqué du beau jeu. J’espère que ça a plu à tout le monde, on met trois but, on n’en prend pas, c’est important ».

D’un côté il y a une équipe d’enfants gâtés pleins aux as qui fait honte à la France mais autour de laquelle bourdonne la presse comme un essaim d’abeilles, de l’autre un bande de filles talentueuses et motivées, qui relèvent tous les défis du foot féminin : peu d’argent, pas de reconnaissance médiatique, juste le plaisir du sport. Où est l’erreur ? L’honneur du football français est dans la tête et dans les pieds de ces jeunes sportives. Il serait temps de s’en apercevoir.

Alors que les bleus ont décidé de ne pas toucher le montant de leurs primes et que RMC proposait de les verser au foot amateur, ne serait-il pas plus judicieux d’en faire bénéficier les bleues ?

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Magali Reinert, Info Sud

Devant les façades défraîchies des maisons victoriennes de Yeoville, les drapeaux des six équipes africaines en compétition virevoltent dans l’air frais. Dans le quartier de la diaspora africaine de Johannesburg, la Coupe du monde se vit dans l’euphorie. L’effervescence qui anime les nombreux cybercafés jusque tard dans la nuit, témoigne du plaisir de partager l’événement avec familles et amis restés au pays.

Plus des deux tiers des habitants de Yeoville sont d’origine étrangère. L’importance de la communauté congolaise a valu au quartier le surnom de Kinshasa. Mais c’est aussi le lieu d’adoption de nombreux Nigérians, Zimbabwéens, Camerounais, Mozambicains, Somaliens, etc. « No go zone » (zone dangereuse, en anglais) dans les guides destinés aux habitants de Johannesburg, Yeoville accueille depuis une dizaine d’années les immigrés africains qui débarquent dans la cité de l’or.

Ici, pas de panneaux « interdit aux vendeurs ambulants » comme dans le reste du centreville. Les trottoirs sont couverts d’étals où s’entassent bananes plantains, cigarettes à l’unité et DVD de Nollywood, les séries produites en masse au Nigeria. Des coiffeuses nattent les cheveux de leurs clientes d’Afrique centrale et le marché propose du manioc et des gombos, légumes peu communs sous ces latitudes.

Xénophobie ambiante

L’Afrique du Sud est une destination privilégiée de l’immigration intra-africaine. Cette riche démocratie est pleine de promesses pour les réfugiés politiques et les émigrés économiques du continent. Et même si la politique migratoire du pays est loin d’être accueillante, il reste bien plus facile de rejoindre la pointe de l’Afrique que l’Europe ou l’Amérique du Nord.

Si le jaune et le vert des Bafana Bafana domine sur les teeshirts des habitants de Yeoville, le support affiché à l’équipe du pays d’accueil masque difficilement la tension entre les étrangers et les Sud-Africains. Comme ailleurs, le sort des immigrés africains est réglé par la quête d’un permis de séjour, la difficulté à faire reconnaître ses diplômes et la xénophobie ambiante. Les gardiens de parking évoquent leurs passés d’instituteurs ou de docteurs et les sans-papiers se plaignent du harcèlement des forces de l’ordre.

Depuis quelques mois, les rumeurs d’une flambée de violence contre les étrangers après la Coupe du monde inquiètent les communautés immigrées, à Yeoville comme dans le reste du pays.

(suite…)

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Par AnnPak, réfugiée iranienne

Le 12 juin dernier, par un vote massif contre le candidat imposé par le Guide Suprême, le peuple iranien opposa sa volonté au « Guide Suprême », c’est-à-dire au représentant de Dieu sur terre.

En effet, deux semaines avant les élections, une pseudo-semi-liberté avait été accordée au peuple. Les femmes et les hommes, les étudiant-es et les enseignant-es … assoiffé-es de liberté, avait occupé cet espace. Le régime avait même ouvert grand les portes pour les journalistes étrangers, surtout occidentaux, afin de montrer que le peuple participait massivement à ces élections.

Le régime a été frappé au cœur de son narcissisme. Car le régime n’avait pas prévu ce rejet massif : il tricha et truqua les résultats. Or le peuple savait qu’il ne voulait plus d’Ahmadi néjad.

Depuis, des protestations massives, grondeuses et pacifistes ont commencé, prenant de plus en plus d’ampleur et avec des slogans et revendications de plus en plus radicaux.

Ainsi, le régime, qui avait joué à l’ouverture, ferma les frontières aux journalistes et une longue lutte du peuple iranien allait commencer pour la liberté et la séparation du politique et du religieux.

Depuis un an, il n’y a pas un jour sans que le régime procède à des arrestations: des manifestant-es, des féministes, des journalistes, femmes et hommes luttant pour les Droits Humains, militants d’ONG, écrivains, étudiant-es, enseignant-es, ouvrièr-es…

Il n’y a pas un jour sans que le régime ne commette des crimes: exécutions, pendaisons après simulacres de jugements, assassinats déguisés, viols collectifs lors des arrestations… qui sont les seules réponses à la soif de liberté et à la lutte d’un peuple emprisonné dans la main de fer d’un régime théocratico-fasciste, et ce depuis plus de 30 ans.

Ainsi, la mort de Néda la jeune femme tuée par bale sous les yeux de millions de personnes, et les dernières pendaisons, dont celle de Shirin, une jeune opposante de 29 ans avec quatre de ses compagnons, n’en sont que les exemples flagrants.

A l’intérieur, malgré sa machine de guerre visant à la répression à la censure du peuple, le régime n’arrive plus à bout des protestations et des contestations, couvant sous les menaces de mort et comme des braises prêtes à repartir à tout moment.

Le régime est enfermé dans une impasse.

Mais un an environ après ces élections, le régime a imposé son point de vue dans le monde à travers différentes instances institutionnelles et étatiques.

A la suite de marchandages et négociations, l’Iran a retiré sa candidature du Conseil des Droits de «l’Homme» auprès de l’ONU pour obtenir un siège à la Commission du Statut des Femmes (CSW).

Il est nécessaire de rappeler que le Conseil des Droits de « l’Homme » est déjà investi et pollué par la présence forte et active de pays niant les Droits de l’Humain, dont ceux de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) (qui contient 57 pays) avec la Libye, l’Arabie Saoudite comme ayant la présidence ou d’autres responsabilités,…

Accorder un siège au régime totalitaire et misogyne de l’Iran à la Commission du Statut des Femmes (CSW) revient à « envoyer le loup dans la bergerie », comme le dit le proverbe.

Ce troc permet au régime théocratique dans la Commission du Statut des Femmes (CSW) une belle place pour mieux attaquer les Droits Humains.

Tant il est vrai que les femmes violentées dans les rues, les femmes prisonnières politiques, torturées et exécutées ne sont pas des hommes.

La deuxième victoire de ce régime théocratique se situe dans le monde du sport :

En avril, des dépêches de presse annonçaient la décision prise par la FIFA : Refuser la participation de l’équipe féminine iranienne de football aux premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) qui auront lieu à Singapour en août 2010.

En effet l’Iran exigeait que les joueuses portent le voile en contradiction avec l’article du règlement général de la FIFA : « L’équipement de base nécessaire ne peut inclure aucun signe équivalent à une affirmation d’ordre politique religieux ou personnel ».

Or, voilà que tout récemment la FIFA fait marche arrière.

Evidemment, Téhéran a claironné triomphalement : « La FIFA a levé l’interdiction pour les joueuses iraniennes de participer aux JOJ » en portant le voile islamique.

Sont survenus ensuite les accords pour l’enrichissement nucléaire entre l’Iran, la Turquie et le Brésil.

Enfin le 18 mai 2010, la France libère Ali Vakili Rad, terroriste et assassin de l’ex-Premier ministre Chapour Bakhtiar. Il avait été condamné à perpétuité mais il rentre triomphalement en Iran.

Un an après la lutte sans relâche du peuple iranien écrasé sous les bottes de l’un des régimes les plus sanglants au monde, les états, les institutions politico-sportives sur le plant international offrent des occasions de triomphe au régime islamique.

Ces politiques ambiguës et néfastes des institutions n’encourageront-t-il pas le régime islamique à continuer, multiplier et amplifier ses actes fascisto-terroristes à l’intérieur et à travers le monde, comme cela a été le cas dans le passé avec d’autres régimes totalitaires comme celui d’Hitler, de Mussolini et …?

D’autres articles d’Ann Pak sur l’Iran sont consultables sur l’ancien blog de Malka Marcovich

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